lundi 21 octobre 2013

Premier jour de stage [séquence nostalgie]



Stage dans un service de neurologie dans un hôpital bruxellois. 

En ça consiste à réparer le langage de personnes qui ont eu un AVC (accident vasculaire cérébral), un choc à la tête type accident de bagnole, une tumeur cérébrale et plein d'autres trucs joyeux de la sorte. Je vais prendre un ton consciemment détaché pour parler de mon quotidien dans ces lieux car comme dans le film Intouchables, plus on prend pitié de la pathologie et de son malade, plus on aggrave la sensation de peine et de difficulté.

Quand je suis arrivée dans le service, mon maître de stage, quarante an de carrière, me fait visiter les locaux labyrinthiques (songer à me faire greffer un GPS), me présente aux membres des différents services dont j'oublie tous les prénoms au fur et à mesure qu'une nouvelle personne apparaît, me dit ce que je peux faire et ne peux pas faire, m'emmène voir un patient. Ah. Déjà ? J'observe donc. En sortant de la chambre, il me dit "bon tout à l'heure tu vas retourner le voir pour continuer à l'évaluer". A partir de là, je serai tout le temps toute seule avec les patients et ça fait à peine deux heures que j'ai mis les pieds ici. AMAMIAAA !

Bref. Pas le temps de flipper.

Retour au bureau, remplissage de paperasserie administrativement pénibles et puis il me passe une blouse. Taille XL. Il me dit que j'en trouverai quelque part une autre à ma taille parce que là, après quinze revers, je n'arrive qu'aux phalanges.

La classe Stanislas ! Mais je m'en fout, je porte une blouse et c'est tout ce qui compte même si j'ai l'air d'un clown échappé d'un l'asile mouahahahahahah. Au passage, en Belgique, quand un patient a de la fièvre, on dit qu'il chauffe. Bah essaye de contenir ton fou rire devant un neurologue très sérieux. Cache-toi derrière tes feuilles et pouffe en silence donc.

Cette première journée achevée, je peux rentrer chez moi épuisée mais contente d'avoir commencé une nouvelle ère !

A partir de maintenant tout de suite, il s'agit d'agir :-) Quatre jours m'ont suffit pour piger que finalement déconner avec le patient fait partie intégrante de la thérapie. En général il arrive en état de choc, le ciel lui est tombé sur la tête, pratiquement tous ses repères ont disparu, à commencer par le langage. Certains perdent aussi l'usage d'un bras et/ou d'une jambe. Alors point de vue moral, ya mieux ! D'après ce que j'ai entendu et le peu que j'ai observé/exercé, quand on voit le patient pour la première fois, il n'a pas le sourire, voire n'a pas du tout envie de te voir. Le but donc et de le détendre un peu et lui donner envie de s'accrocher... Une fois que ce petit accroc est passé, tu peux être sûr(e) qu'il t'accueillera avec le sourire et tu peux commencer ta séance dans de bonnes conditions !

Et sinon, j'ai trouvé une blouse à ma taille !


jeudi 17 octobre 2013

Une journée pourrie

Prends le tram un peu un retard mais pas trop, 'fin juste ce qu'il faut pour arriver juste à l'heure.

Composte ta carte des transports, refusée car plus valide. Bon. Ca commence bien.

Flash back : je ne savais pas quel jour exactement ma carte serait à renouveler pour l'année. Pour le savoir, ça fait trois semaines que je tente de me connecter sur le site des transports de Bruxelles, en vain. Je les appelle pour résoudre mon petit problème. Ils me disent que je ne peux trouver cette info que sur leur site internet. Le serpent se mord la queue. Et avec du ketshup silvouplé !

Et donc ce jour-là, dans le tram, pas trop en retard mais presque, ma carte est refusée. Je fais l'air de mine de rien. J'arrive à mon changement de tram dans un gros carrefour de transports (tram-bus-métro-poussepousse) que je dois emprunter. Je m'adresse au guichet qui fait tous-les-abonnements-tous-les titres-de-transport-frites-tout-ce-que-vous-voulez.com et bien sûr ils ne renouvellent pas les abonnements scolaires. Me voilà à acheter un ticket aller-retour qui entame mon faramineux budget bouffe de la journée. Tant pis, jpendrai pas de coca (larme à l'oeil, mouchoir à portée de main).

Je me rends à mon tram. Quinze minutes d'attente... j'ai des relents de parisienne en rogne contre les transports. Là, là, mais oui, là, jvais être en retard. Déjà que mon trajet intégral dure d'habitude entre 45 minutes et une heure, faudrait pas que je procrastine sur l'horaire à peine une semaine après le début de mon stage situvoisquejveuxdire.......... Je change d'itinéraire en invoquant le dieu de "t'as l'impression d'être à la bourre mais tkt jvais gérer pour pas que tu lsois". 

Je m'engage sur un autre quai. Une minute d'attente, jsuis laaaaarge. Le tram arrive. C'est pas la bonne direction bordel ! Et je vois le tram qui va dans l'autre direction (la mienne, suis un peu) arrivant lui aussi, de l'autre côté. Je prends ma respiration et fonce en apnée de l'autre côté du tram en priant qu'une mamie retardera la fermeture des portes avec son déambulateur, ou une poussette, ou un ado avec la blague de merde de bloquer les portes, ou autre chose jm'en fout mais je ne supporterai pas de louper ce tram. Bref je m'emballe. Je cours je cours avec mon élégance légendaire d'éléphanteau et dévale les escalators telle une gazelle bourrée. Jvais arrêter avec les métaphores animales quand me vient l'image de mon engouffrement telle une charge bufflesque dans la rame le visage écarlate, le cœur frôlant la crise, débraillée, la tronche à la Picasso etc. Finalement la rame est interrompue momentanément pour une cause inconnue. Tout ça pour rien ah ah. Vazi rigole.

BREF

J'arrive finalement à destination finale avec cinq petites minutes de retard. Tout va bien quoi !

MAIS
- en sueur
- sans mon renouvellement d'abonnement
- déshydratée
- crevée comme une marathonienne
- sans vraiment d'arguments vérifiables
- ridicule
- rêvant d'un coca

ENSUITE

Après une journée plutôt sympa en stage et un déjeuner avec une coupine, il faut rentrer chez soi. Et renouveler ma carte. Ah jte jure, yen a qui ont des objectifs dans leur journée de ouf. Le mien a été de me débarrasser de mon abonnement. Rebelote donc ! Je me repointe à une grosse station de transports, je demande. Non pardon je fais la file interminaaaaaaable de cinq minutes (c'est dingue quand t'as un truc chiant à faire, le temps s'allonge, bougre), je dépose ma requête et le préposé aux titres de transports, flamboyant, me déclare "aaaaah ici on fait pas les renouvellements de transports scolaires, il faut aller à telle station, juste à-côté". Demi-tour, j'y vais, pas du tout vers chez moi mais tant pis j'y vais quand même.

J'attends le métro qui n'arrive pas quand il doit arriver. Dix minutes plus tard il se pointe, m'embarque et me jette à ma destination. Il est 17h05. Le guichet ferme à 17h000000.

MAIS P*TAIN !!!

Je refais redemi-tour, je re-essaye de me calmer. Rien à faire, je me paye quand même un coca à prix d'or sur le quai, que je regretterai quand je l'aurai ouvert et que par la pression la moitié de la bouteille aura jailli sur moi. Bah oui dans le distributeur ma future-ex-bouteille est tombée du plus haut étage de la machine. Je re-attends le métro. Je re-descends à une station. Je re-cours pour attraper mon dernier tram. Quand je l'ai vu arriver à la station, cent mètres nous séparaient le tram et moi et à peine dix secondes pour y parvenir. Mais bon jsuis pas la sister de Bolt donc quand je me suis scotchée à la porte du tram en appuyant comme une hystérique sur le bouton d'ouverture, le conducteur a verrouillé les portes et a enclenché la marche avant. Sans moi dedans.

ET PIS VOILAAAAAAA !!!


Quoi de plus naturel et évident qu'une journée qui commence avec un parfum de merde se termine aussi avec la même odeur !

lundi 14 octobre 2013

Mon Hawaï à moi

Ici, c'est-à-dire à l'Houmeau, c'est ... comment dire ... un des lieux que j'affectionne le plus. 

C'est une petite commune tout près de La Rochelle.

C'est au bord de l'Océan Atlantique, d'ailleurs, ya une plage, un mini-port, des falaises, un golf (mais on pourrait s'en passer vu les impôts locaux !), des mouettes.

C'est pas connu des touristes donc à la limite tu peux faire du nudisme. Mais à la limite hein.


C'est plein de galets alors tu comprendras vite que t'es pas là pour faire bronzette à moins que tu sois un peu sado-masochiste et à ce moment-là tu seras servi en termes de "galets-qui-te-rentrent-dans-la-peau-voire-ailleurs" si tu veux t'allonger et dorer ton p'tit corps. Pareil pour te baigner. Si t'as pas peur d'avoir les ongles cassés ou les pieds un peu mâchés, tu porteras des chaussures dans l'eau. 

Tu seras ainsi au top du glamour mais c'est pour ça que j'adore cette plage. J'arrive donc avec mes sandales en plastique rouge délavé pour me baigner :-) Après tu t'en fout, t'es pas à St-Trop'.


Tu peux galoper aussi un peu le long de la côte en vélo ou à pied ou comme tu veux. Souvent t'auras le vent dans la figure et un goût salé dans la bouche peu de temps après.T'entendras les vagues sur les galets ou contre la falaise si la mer est haute et si elle est basse, tu sentiras à plein nez l'odeur de la vase. Tu pourras même apercevoir les parcs à huîtres au loin.



En continuant ta p'tite promenade, tu tomberas sur les pertuis, c'est-à-dire des cabanes perchées au-dessus de l'eau pour pêcher. Ton esprit affûté ne passera pas à-côté du fait que tu pourras attraper des poissons qu'à marée haute. Pas comme sur la photo quoi.




Alors ? Il est pas beau ce coin ?




jeudi 10 octobre 2013

Les études made in Belgium

Les études en Belgique, c'est comme un spéculoos...

J'aime bien quand on me demande ça : "tu fais quoi comme études ?"
Je réponds : "j'étudie l'orthophonie"
On me dit : "ah c'est cool ça"

Et selon les gens, soit ils ajoutent :
-1- "C'est pour les oreilles nan ?"
Ma réponse est "nan". Cherche dans un dico.

Soit :
-2- J'suis allé(e) en voir une quand j'étais ptit et patati et papata alors j'leur demande pour quelle raison, quel problème, et tout et tout et raconte-moi-ta-vie-point-com.

Soit :
-3- "Ca a l'air trop bien comme zétudes ! Tu les fais où du coup ?"

C'est là que j'adore cette question. Parce que je réponds : "A l'étranger"

Alors les yeux de mon interlocuteur pétillent, il trouve ça génial de profiter de cette opportunité de faire ses zétudes dans un autre pays toussa toussa, qu'il aurait bien voulu faire ça ou qu'il l'a fait et qu'il a trop trop trop aimé etc. Je vois dans son regard tout un tas de destinations les plus exotiques les unes que les autres, il revoit des scènes de l'Auberge espagnole, retrouve dans sa mémoire des potes de potes qui étaient Argentins, Portugais, Allemands, Italiens, Anglais, etc. venus en France étudier un truc, pour qu'il finisse enfin par me demander, transis, dans quel continent/pays j'ai émigré...

Je réponds donc en toute logique : "A Bruxelles. En Belgique !"

Mon interlocuteur alors me fait croire qu'il n'est pas déçu en me lançant après un petit froid "bin c'est cool pour toi", un peu gêné d'avoir fantasmé sur des destinations de rêve.

Alors il commence à s'enliser dans des phrases du genre "c'est pas si mal que ça", "tu t'y es habituée quand même ?", à me faire des blagues lourdes sur mes amis les Belges,etc.

Hallucinant, comme si la Belgique était un territoire à éviter sur peine de fritrite aiguë et d'accident de l'accent irréversible... faire ses études en Belgique, c'est comme un spéculos. Un peu dur au premier abord mais succulent par la suite ^^


Morale de l'histoire : si une porte se ferme, c'est qu'une autre doit s'ouvrir ! Pour mon cas (et bien d'autres), si on te claque la porte en France, c'est qu'une autre doit s'ouvrir en grand en Belgique... amis entendeurs...